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La souffrance des infirmières passée sous silence
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Nous sommes de plus en plus d’infirmières à être en grande souffrance. Nous subissons beaucoup, mais personne ne fait rien. De plus en plus de suicides, d’abandon du métier, de violence verbales ou physiques. Nous aidons les autres, mais qui prend soin de nous? Il existe maintenant des lieux, des associations pour les soignants

Mon témoignage:

J’ai subi pendant 3 ans le harcèlement moral d’une cadre à l’hôpital (elle était connue pour cela, mais le directeur a laissé faire, malgré de nombreuses plaintes de soignants)

De nouveau le harcèlement moral dans une HEPAD et là encore, la direction a laissé faire

J’ai fais 2 burn-out, une maladie orpheline, rare qui s’est déclenchée mais aucune aide, ni prise en charge correcte. Je n’ai rencontré que mépris de la part de la CPAM, MDPH.

Il est difficile de décrocher de ce métier, surtout quand vous aimez le milieu de la santé. Mais les conditions de travail sont de plus en plus déplorables, le gouvernement ne fait rien, si ce n’est qu’enfoncer, mépriser  encore plus les infirmières

Le burn out des professionnels de la santé:

Le burnout ou l’épuisement professionnel, initialement identifié parmi les personnels soignant et aidant, peut concerner toutes les professions qui demandent un engagement personnel intense. Les mesures de prévention doivent empêcher une aggravation de la santé des personnes déjà menacées d’épuisement et, parallèlement, prévenir l’apparition d’autres cas.

 
 

Le syndrome d’épuisement professionnel, ou burnout, est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique dans lesquelles la dimension de l’engagement est prédominante. Il se caractérise par 3 dimensions :

  • l’épuisement émotionnel : sentiment d’être vidé de ses ressources émotionnelles,
  • la dépersonnalisation ou le cynisme : insensibilité au monde environnant, déshumanisation de la relation à l’autre (les usagers, clients ou patients deviennent des objets), vision négative des autres et du travail,
  • le sentiment de non-accomplissement personnel au travail : sentiment de ne pas parvenir à répondre correctement aux attentes de l’entourage, dépréciation de ses résultats, sentiment de gâchis…
     

De nombreuses professions demandent un investissement personnel et affectif important. Les salariés exerçant ces métiers peuvent être concernés par le risque de burnout quand ils en arrivent à ressentir un écart trop important entre leurs attentes, la représentation qu’ils ont de leur métier (portée par des valeurs et des règles) et la réalité du travail. Cette situation, qui les épuise et les vide « émotionnellement », les conduit à remettre en cause leur investissement initial.

 

Exemples d’exposition aux risques

L’exposition au risque de burnout peut concerner les professions d’aide, de soins, de l’enseignement… des professions où la relation à l’autre est au centre de l’activité et constitue un enjeu, parfois vital, pour les bénéficiaires de cette relation (les usagers, les patients, les clients, …). Toutefois le burnout peut également concerner d’autres secteurs d’activité susceptibles de mobiliser et d’engager les personnes sur des valeurs professionnelles très prégnantes.

Cas d’une infirmière hospitalière

« Ma profession d’infirmière, je l’ai choisie, je l’ai voulue… Mais aujourd’hui, j’ai l’impression d’être vidée. Je dois aller d’un lit à l’autre. J’ai l’impression de n’avoir jamais le temps de faire correctement mon travail. Je supporte de moins en moins les plaintes, les angoisses des patients. Je me dis qu’être infirmière n’est pas aussi valorisant, gratifiant que cela… »

Cette infirmière ne sait plus où elle en est. Elle doute d’elle-même : pourquoi, elle, autrefois si investie dans son travail, ne croit-elle plus en son métier ? Les contraintes particulières de son métier de soin et d’aide, non compensées par « autre chose » ont eu raison de son investissement initial. Le stress de la profession devient trop lourd à porter, et elle développe un syndrome du burnout.

Facteurs de risque

L’épuisement professionnel étant une conséquence du stress au travail, on retrouve parmi les causes du burnout des facteurs de stress. Différentes études ont spécifiquement permis de souligner le rôle des facteurs suivants :

  • Surcharge de travail, pression temporelle,
  • Faible contrôle sur son travail,
  • Faibles récompenses,
  • Manque d’équité,
  • Conflits de valeur, demandes contradictoires,
  • Manque de clarté dans les objectifs, les moyens.
     

L’effet de ces facteurs de risque peut se combiner, pour certaines professions de relations d’aide (infirmières, médecins, travailleurs sociaux, enseignants,…), à la charge émotionnelle inhérente à ces professions.

Accidents et effets sur la santé

Les manifestations de l’épuisement professionnel, plus ou moins aigues, peuvent être d’ordre :

  • émotionnel (sentiment de vide, d’impuissance, perte de confiance en soi, irritabilité, pessimisme, attitude « bureaucratique »…),
  • cognitif (difficulté de concentration, indécision, difficultés à faire des opérations simples, altération de la qualité du travail…),
  • physique (fatigue généralisée, maux de tête, de dos, tensions musculaires, troubles du sommeil,…)
  • interpersonnel et comportemental (repli, isolement, agressivité, impulsivité, baisse de l’empathie, conduites addictives…)
  • motivationnel et attitudinal (attitude négative envers le travail et les autres, désengagement,…)

La symptomatologie du burnout est de fait assez complexe, peu spécifique et peut évoluer vers la dépression ou l’anxiété.

Prévention

Pour prévenir l’apparition du phénomène d’épuisement professionnel, il est recommandé de veiller à ce que l’organisation du travail et les contraintes qu’elle génère ne surchargent pas les salariés et ne les mettent pas en porte-à-faux vis-à-vis des règles et des valeurs de leur métier. Il convient également de permettre le travail en équipe ou encore de favoriser le soutien social. Et de manière plus générale, il est recommandé de mettre en place une démarche de prévention collective des RPS (voir dossier Risques psychosociaux).

Repérer les situations de burnout

Au niveau individuel, l’employeur, l’encadrement, les acteurs de la prévention au sein de l’entreprise, le service de santé au travail doivent être vigilants à un ensemble de signaux pouvant laisser penser qu’un salarié est peut-être en situation de burnout :

  • Le salarié se plaint-il de manquer d’énergie pour accomplir son travail ?
  • Fait-il part de problèmes de concentration, de manque de disponibilité mentale au travail ?
  • Est-il facilement irritable ?
  • Dévalorise-t-il le travail qu’il accomplit, sa propre efficacité et ses compétences ?
  • Manifeste-t-il des signes de désinvestissement professionnel ?
     

Un changement dans l’attitude du salarié, un repli sur soi, un désengagement inhabituel sont autant de signaux qui doivent interpeller l’entourage professionnel.
 

Au niveau collectif, les indicateurs de dépistage des risques psychosociaux pourront être examinés.
Le repérage du burnout peut également se faire par questionnaires (voir les fiches questionnaires FRPS).

Mettre en place des mesures de prévention collective

Des mesures de prévention adaptées doivent être recherchées et mises en place. Elles ont pour objectif de faire diminuer les exigences professionnelles qui pèsent sur les salariés et d’augmenter les ressources à leur disposition.
 

Exemples de mesures de prévention collective de l’épuisement professionnel :

  • Veiller à ne pas surcharger certains postes ou certains salariés,
  • Favoriser le soutien social et éviter l’isolement : mise en place de groupes d’échanges sur les pratiques professionnelles, renforcement du travail en équipe (temps de travail réservé aux relèves de postes, espaces de partage d’expérience et d’échanges),
  • Améliorer le retour sur l’efficacité du travail, la reconnaissance du travail accompli,
  • Etre vigilant au traitement équitable des salariés,
  • Eviter les conflits éthiques autour de la qualité du travail, en partageant les objectifs et les manières de faire pour les atteindre.

Prendre en charge les personnes atteintes du burnout

Quand une ou plusieurs personnes sont victimes d’épuisement, l’encadrement peut leur proposer un entretien permettant de faire le point sur leurs difficultés. Les raisons de leur état en lien avec le travail doivent être recherchées. Elles peuvent parallèlement contacter le médecin du travail. Celui-ci estimera la nécessité d’une orientation vers une prise en charge spécialisée et appréciera l’opportunité d’un aménagement de poste ou d’une redéfinition des objectifs et des moyens à leur disposition. Le service de santé au travail peut également aider l’entreprise à repérer les facteurs de risques professionnels en lien avec les cas de burnout portés à sa connaissance.

A savoir:

Source: syndicat infirmier.com

En 2019, 30% des nouveaux diplômés abandonnent au bout de 5 ans.

Face à la dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail, à la perte de sens à l’hôpi­tal, à la mal­trai­tance ins­ti­tu­tion­nelle induite par le sous-effec­tif, 30% des jeunes diplô­més aban­don­nent la pro­fes­sion infir­miè­res dans les 5 ans qui sui­vent le diplôme“, indi­que Thierry Amouroux, le porte-parole du Syndical National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC.

Le recul est tel que l’on retrouve les condi­tions des années 60, lorsqu’une étude INED de l’époque avait montré que “plus de 30% des par­tan­tes sont res­tées moins d’un an dans l’hôpi­tal” (p 482) et que la durée moyenne de car­rière était de 5 ans en 1964 et 1965 (p 483)
https://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1968_num_23_3_11606

L’Étude PRESST (pro­mou­voir en Europe santé et satis­fac­tion des soi­gnants au tra­vail), une recher­che très vaste impli­quant 15 pays euro­péens et regrou­pant plus de 13.000 ques­tion­nai­res, expli­cite les motifs d’aban­don. 
-

 Madeleine Estryn-Behar (2007). Abandon pré­ma­turé de la pro­fes­sion infir­mière, le res­pect des valeurs pro­fes­sion­nel­les dépend des condi­tions de tra­vail : http://www.em-consulte.com/arti­cle/137312/arti­cle/aban­don­pre­ma­ture-de-la-pro­fes­sion-infir­miere-le-r 
- Santé satis­fac­tion au tra­vail et aban­don du métier soi­gnant (2004). Étude PRESST (pro­mou­voir en Europe santé et satis­fac­tion des soi­gnants au tra­vail) :http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/estryn­be­har.pdf

Déjà à l’époque on cons­ta­tait des “établissements à forte décla­ra­tion d’envie de partir ont un pour­cen­tage d’infir­miers de moins de 30 ans supé­rieurs à la moyenne tra­dui­sant un turn-over impor­tant (CHG 1 : 31,3 % ; CHG 6 : 28,7 % ; AP–HP 3)”

L’étude « Next : Nurses early exit study » cou­vrant 10 pays euro­péens montre à peu de choses près les mêmes insa­tis­fac­tions : 
-

 Étude Next (Nurses early exit study : pro­mou­voir en Europe santé et satis­fac­tion des soi­gnants au tra­vail : http://www.saint­luc.be/presse/com­mu­ni­ques/2005/2005-next-infir­mie­res.pdf

Depuis 10 ans, la dégra­da­tion a empiré avec la suc­ces­sion de plans d’économies impo­sés aux hôpi­taux, et la mise en place la tari­fi­ca­tion à l’acti­vité, avec un ONDAM (objec­tif de dépen­ses d’assu­rance mala­die) autour de 2% (alors que les besoins natu­rels des hôpi­taux sont du double, 4%, du fait des coûts des médi­ca­ments inno­vants et de la radio­lo­gie IRM scan­ner).

Drame inconnu anté­rieu­re­ment, depuis juillet 2016, 12 pro­­fes­­sion­­nels infir­­miers se sont donné la mort, soit sur leur lieu de tra­­vail, soit en lais­­sant une lettre expli­­cite sur la souf­­france au tra­­vail qui a motivé leur pas­­sage à l’acte. Ultime mépris, sou­vent l’admi­nis­tra­tion dédoua­­nent la direc­­tion de l’établissement, tout en reconnais­­sant cer­­tai­­nes ten­­sions dans l’hôpi­tal. Un nau­­séa­­bond “res­­pon­­sa­­ble mais pas cou­­pa­­ble”. 
http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Suicides-infir­miers-ils-n-ont.html

Stress, souf­france, vul­né­ra­bi­lité, épuisement, burn-out, sui­ci­des… : un quart des soi­gnants inter­ro­gés ont déjà eu des idées sui­ci­dai­res du fait de leur tra­vail au cours de leur car­rière. 
https://www.infir­miers.com/actua­li­tes/actua­li­tes/sui­cide-et-pro­fes­sion­nels-de-sante-poids-chif­fres.html

Alors qu’ils vivent des condi­tions de tra­vail déli­ques­cen­tes, ils n’ont de cesse de les dénon­cer et d’espé­rer des amé­lio­ra­tions concrè­tes qui influe­ront posi­ti­ve­ment sur leur qua­lité de vie au tra­vail en chute libre. Sur les réseaux sociaux, ils s’expri­ment avec les mots clés 
-

 #Ba­lan­ce­Ton­Hosto
https://www.marianne.net/societe/manque-de-moyens-absur­di­tes-le-per­son­nel-hos­pi­ta­lier-se-lache-avec-balan­ce­ton­hosto
https://www.20mi­nu­tes.fr/sante/2208007-20180124-balan­ce­ton­hosto-quand-per­son­nel-soi­gnant-denonce-absur­di­tes-manque-moyens-hopi­taux 
- #Ba­lan­ce­To­nEh­pad 
https://www.lemonde.fr/m-perso/arti­cle/2018/10/05/balan­ce­ta­ba­lance-ou-l-inva­sion-des-hash­tags-qui-denon­cent_5365242_4497916.html 
- #In­fir­miè­re­sOu­bliées 
http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Infirmieres-Oubliees-du-plan-sante-reac­tion-SNPI-video-France-Info-2mn.html 
- #Nos­Vies­Da­bord.
http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Il-y-a-urgence-pour-nous-tous-nos­vies­da­bord.html 
- #souf­fran­ceIn­fir­mière

L’aban­don pré­ma­turé de la pro­fes­sion est lié à : 
-

 la faible attrac­ti­vité sala­riale : début de car­rière à 1450 euros net, pour une pro­fes­sion à bac+3 (depuis 1979) avec un grade Licence (depuis 2009) 
- la non reconnais­sance des contrain­tes (prime de nuit à 1,07 brut de l’heure, WE à 45 euros brut,…) 
- la charge de tra­vail dou­blée en 10 ans (réduc­tion de la durée moyenne de séjour, alter­na­ti­ves à l’hos­pi­ta­li­sa­tion, font que des mala­des de plus en plus lourds res­tent un mini­mum de temps) 
- des contrain­tes horai­res ou des dif­fi­cultés du loge­ment 
- le manque de rem­pla­ce­ment des col­lè­gues absen­tes (congés, mala­die, for­ma­tion) avec des rap­pels sur repos, le frac­tion­ne­ment des congés,…

Mais si les infir­miè­res renon­cent à cette pro­fes­sion qu’elles ont choi­sie, c’est, in fine, parce qu’elles ne retrou­vent pas les pos­si­bi­li­tés d’exer­cer en accord avec leur for­ma­tion.

Les associations, établissements qui viennent en aide aux soignants, infirmières

Les associations:

https://souffrance-infirmiere.fr/

https://www.asso-sps.fr/association.html qui a mit en place un n° vert: accessible 24h/24 au 0805 23 23 36

La première clinique de santé mentale en France à s’adresser aux professionnels de santé: la clinique le Gouz. Elle accueille tous les professionnels de santé en détresse psychologique ou en burn-out. C’est le credo de la clinique psychiatrique.

Son but ? Aider et accompagner tous les soignants rendus vulnérables par des actions de prévention, d’écoute, d’orientation et, ce, à l’échelle nationale.

Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, tout le monde connaît l’expression. 
Et bien les professionnels de santé ne dérogent pas à la règle. “En particulier dans le domaine des soins psychiatriques, dans la mesure où les professionnels se retrouvent confrontés à une forme de stigmatisation, de culpabilisation à l’idée d’être confrontés eux-mêmes à une situation de faiblesse, et devoir ainsi s’adresser à des établissements parfois fréquentés par des confrères auxquels ils adressent leurs patients, voire leurs patients eux-mêmes !”, analyse le docteur Javelot, de la Clinique Le Gouz
C’est dans ce contexte que le 15 octobre 2018, la Clinique Le Gouz, le premier établissement dédié de France, a ouvert ses portes, à Louhans, en Saône-et-Loire. Une structure qui privilégie l’éloignement géographique, le respect de l’anonymat, qui prône la confidentialité, afin de permettre aux patients une prise en charge efficace. 

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