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La rougeole ou première maladie
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La rougeole (également appelée parfois première maladie) est une infection virale éruptive aiguë. Elle atteint essentiellement les enfants à partir de l’âge de 5-6 mois et les jeunes adultes. La vaccination contre la rougeole, obligatoire en France pour les enfants autour d’un an, vise surtout à éviter les complications de l’infection, comme les encéphalites, qui peuvent avoir des séquelles importantes voire létales.

Rougeole: un virus

Histoire de la rougeole:

Pour persister durablement (assurer une chaîne continue de transmission), une maladie infectieuse a besoin d’une population humaine minimum. Dans le cas de la rougeole, il faut au moins une population vierge (non immunisée) de 250 000 à 500 000 individus. Cette densité humaine n’a été atteinte qu’autour de 2 500 ans avant J.C., par les premières civilisations urbaines de Mésopotamie.

Dans les textes médicaux de l’antiquité gréco-romaine, comme ceux de l’antiquité chinoise, on ne retrouve pas de mention précise d’une maladie évoquant la rougeole. La maladie est considérée comme absente du bassin méditerranéen dans l’Antiquité.

 
Le traité de médecine de Rhazès, traduit en latin par Gérard de Crémoneau xiiie siècle (musée de Cluny].

La première description de la rougeole est attribuée à Rhazes, médecin persan du xe siècle, dans son fameux traité, daté de 910, où il la distingue de la variole. Avicenne précise ces différences vers l’an mil, en distinguant aussi une « rougeole atténuée », qui sera interprétée plus tard comme étant en fait une rubéole.

Des études phylogénétiques indiquent que le virus actuel de la rougeole serait apparu vers le xie siècle à la suite d’une divergence du virus de la peste bovine. Ce qui n’exclut pas que d’autres virus rougeoleux ancestraux, communs au bétail et à l’homme, soient apparus auparavant avant de disparaître5.

Au Moyen-Âge, la rougeole est désignée sous le terme latin de « morbilli », diminutif de « morbus », ou « petite maladie ». Ce terme recouvre des aspects similaires de plusieurs maladies éruptives de façon plus ou moins confuse (variole, lèpre, scarlatine…). Il reste employé dans le français médical moderne « morbilliforme » (qui ressemble à l’éruption de la rougeole)7.

Les épidémies de rougeole suivent les épidémies de variole chez les amérindiens lors des conquêtes espagnoles (chute de l’Empire aztèque ; conquête de l’Empire inca en 1530 et 1531).

Source: Wikipedia

Le virus de la rougeole:

La rougeole est une infection très contagieuse causée par un virus du genre Morbilivirus. Elle se manifeste par des signes généraux (fièvre, asthénie), des signes oculo-respiratoires (toux, conjonctivite, rhinite), ainsi que par une éruption de type maculo-papuleuse. La période de contagiosité s’étend de 3 à 5 jours avant le début de l’éruption et persiste jusqu’à 5 jours après. Certaines complications sont potentiellement mortelles (pneumonie, encéphalite), notamment chez les nourrissons de moins d’un an, les adultes de vingt ans ou plus, ainsi que les personnes immunodéprimés et les femmes enceintes.

Si le nombre de cas a fortement diminué au niveau mondial depuis la mise en place en 1974 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du programme élargi de vaccination, la situation reste toutefois instable, notamment en Europe où on assiste à une résurgence du nombre de cas. Ainsi, en France, sur la période 2008-2018, environ 27 500 cas ont été déclarés dont 23 décès. Les personnes décédées étaient principalement des personnes non vaccinées, ou non ciblées par la vaccination et ne pouvant donc être protégées que si leur entourage est immunisé contre la maladie.

Qu’est-ce que la rougeole?

La rougeole est une infection virale extrêmement contagieuse. Elle se caractérise par une forte fièvre, une toux, une rhinopharyngite et une conjonctivite importantes, puis par une éruption cutanée.

La rougeole est due à un paramyxovirus du genre morbillivirus qui circule entre les êtres humains.

Ce n’est pas une maladie bénigne. Contrairement à ce que l’on entend souvent, la rougeole peut entraîner, à tout âge, de graves complications.

COMMENT SE TRANSMET LE VIRUS DE LA ROUGEOLE ?

La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse et se transmet très facilement d’une personne à l’autre.

La contamination par le virus de la rougeole se fait par l’intermédiaire de gouttelettes de salive provenant des voies aériennes et contenant le virus :

  • soit lors de toux, éternuements, mouchages, contacts par des mains souillées par la salive ;
  • soit lors de contacts étroits avec des personnes infectées ;
  • soit par les objets contaminés par des sécrétions du nez ou de la gorge (jouets, mouchoirs, etc.)

Le malade est contagieux :

  • de cinq jours avant le début de l’éruption cutanée (phase de contagion maximale) ;
  • jusqu’à cinq jours après le début de l’éruption.

Comme la rougeole est causée par un virus très contagieux (un malade peut contaminer 15 à 20 personnes), l’entourage non immunisé est très souvent contaminé. Il est possible d’avoir la rougeole à tout âge. Même si la rougeole est une maladie fréquente durant l’enfance, elle peut survenir chez l’adolescent et l’adulte, en l’absence de vaccination.

La rougeole se manifeste par une éruption cutanée précédée par une rhinite, une conjonctivite, une toux, accompagnée d’une fièvre très élevée et d’une grande fatigue. La guérison a lieu en une dizaine de jours, mais des complications plus ou moins graves peuvent survenir.


LES SYMPTÔMES


Entre le moment où le virus de la rougeole pénètre dans l’organisme et le début des premiers symptômes de la rougeole, il s’écoule en général une dizaine de jours. C’est la période d’incubation. Une fois dans les voies respiratoires, le virus s’y multiplie et se répand dans le corps par la circulation sanguine.

Les premiers symptômes 

La rougeole se manifeste d’abord par :

un écoulement du nez (rhinite) ;
une conjonctivite avec larmoiement, gonflement des paupières, rougeur des yeux et gêne à la vue de la lumière ;
une toux;
une grande fatigue (asthénie) ;
une forte fièvre (augmentation de la température du corps jusqu’à 39-40°C).
Ces symptômes durent environ trois à quatre jours. Puis l’éruption cutanée de la rougeole survient.

L’éruption lors de la rougeole

L’éruption cutanée de la rougeole est constituée de petites taches très rouges légèrement surélevées qui laissent des zones de peau normale. Elle est descendante : elle apparaît d’abord sur le visage : derrière les oreilles, sur le front, sur les joues, puis sur le cou, le haut du corps pour atteindre les pieds autour du troisième jour.

La personne malade reste fébrile et très fatiguée.

La rhinite et la conjonctivite disparaissent, mais la toux, qui est souvent intense, peut durer jusqu’à la fin de la rougeole.

L’éruption cutanée de la rougeole disparaît en une semaine environ.

LE DIAGNOSTIC: 


Avant l’arrivée de l’éruption cutanée typique de la rougeole, le médecin traitant peut mettre parfois en évidence des taches blanchâtres à l’aspect de grains de sable à l’intérieur des joues (dans la bouche) : ce signe est typique de la rougeole mais n’est pas toujours présent.

Le diagnostic de rougeole est en général fait lorsque l’éruption cutanée est présente.

Le médecin traitant s’assure également, par son examen, de l’absence de complications.

Aucun examen complémentaire n’est utile en cas de rougeole non compliquée.

La rougeole est une maladie très contagieuse : le médecin doit obligatoirement la signaler aux autorités sanitaires. Ce signalement permettra de prendre des mesures pour protéger l’entourage de la personne malade.

L’ÉVOLUTION DE LA ROUGEOLE

La rougeole est une maladie qui est fatiguante mais qui en général guérit. Cependant, lorsqu’elle survient chez des personnes fragiles des complications sont fréquentes.

La guérison:

Elle  dure en général une dizaine de jours et le malade guérit. Il est immunisé à vie contre le virus de la rougeole.

Les complications:

Les complications sont présentes dans environ 30 % des cas de rougeole.

Elles surviennent le plus souvent chez les nourrissons de moins d’un an avant qu’ils ne soient vaccinés, les adolescents et adultes. Parmi ces derniers, les personnes présentant une immunodépression sont particulièrement fragiles. Les complications les plus sévères sont plus fréquentes chez les nourrissons de moins de un an et les adultes de plus de vingt ans.

Le virus de la rougeole peut entraîner des complications peu graves :

  • une otite aiguë (surtout chez le nourrisson) ;
  • une laryngite ;
  • une diarrhée.

D’autres complications de la rougeole sont plus graves et peuvent nécessiter le recours à une hospitalisation :

  • une pneumonie (dans 6 % cas) avec des difficultés respiratoires ;
  • une kératoconjonctivite, rare en France, avec une atteinte grave de l’œil et la perte de la vue ;
  • une atteinte du foie ou des reins ;
  • une complication neurologique comme l’encéphalite survenant dans un cas sur mille. Elle se traduit par une fièvre élevée, des maux de tête, des troubles de la conscience et peut entraîner le décès ou des séquelles graves (troubles mentaux, paralysie, épilepsie).

La rougeole & la grossesse:

Chez la femme enceinte, la survenue d’une rougeole est grave. La rougeole peut être responsable de :

  • pneumopathie grave chez la mère,
  • anomalies fœtales,
  • naissance prématurée voire de décès du fœtus,
  • rougeole néonatale chez le nouveau-né si la maladie survient en fin de grossesse

 

Le traitement:

C’est un virus, donc pas d’antibiotique. Le seul traitement de la rougeole est celui de la fièvre. Une surveillance médicale est nécessaire en raison du risque de complications.

Le traitement des symptômes:

Suivit médical nécessaire.

La prise en charge de la fièvre lors d’une rougeole

La fièvre est définie par une élévation de la température au-dessus de 38 °C. C’est un phénomène normal lors d’une infection, qui permet à l’organisme de se défendre ; en général, la fièvre de l’enfant ne représente pas par elle-même un danger.

Si elle est bien tolérée, la fièvre ne nécessite pas de traitement systématique. En cas de fièvre persistante supérieure à 38,5 °C, il est possible d’utiliser un médicament antipérityque à base de paracétamol ou d’ibuprofène, en respectant les contre-indications.
Pour lutter contre l’inconfort lié à la fièvre, prenez quelques mesures :

  • ne couvrez pas trop votre enfant pour que la chaleur s’évacue ;
  • proposez-lui régulièrement et à volonté de l’eau pour qu’il ne se déshydrate pas ;
  • aérez la chambre et maintenez la température à 19 °C ;
  • si votre enfant ou adolescent fréquente une collectivité (crèche, maternelle, école, lycée…), informez l’institution de sa maladie et gardez-le à la maison pendant la phase aiguë de la maladie (5 jours après le début de l’éruption) pour éviter la contagion ;
  • surveillez sa température et l’apparition d’éventuelles complications : maux de tête, toux intense…
La fièvre chez l’enfant : quels médicaments ?

Si votre enfant a plus de trois mois, donnez-lui du paracétamol ou de l’ibuprofène. La dose doit être adaptée à son poids :

  • pour le paracétamol, un maximum de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises, soit environ 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures ;
  • pour l’ibuprofène, un maximum de 20 à 30 mg par kilo et par jour, à répartir en trois ou quatre prises, soit un maximum de 10 mg/kg toutes les huit heures ou 7,5 mg/kg toutes les six heures

N’utilisez qu’un seul type de médicament pour faire baisser sa fièvre.

Soyez vigilant ! Si votre enfant a la varicelle ou s’il est déshydraté (diarrhées et vomissements importants), ne lui donnez pas d’ibuprofène.

Si votre enfant a moins de trois mois, donnez-lui uniquement du paracétamol : un maximum de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises, soit environ 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures. Consultez rapidement votre médecin.

L’aspirine ne doit pas être administrée chez l’enfant sans avis médical, en raison du risque de survenue d’une maladie rare mais grave, le Syndrome de Reye.

Le traitement des symptômes associés à la rougeole et des éventuelles complications

En cas de rhinite, des lavages de nez sont utiles.

Si l’enfant a une conjonctivite, il est possible de lui nettoyer les yeux avec du sérum physiologique et des compresses stériles à usage unique. Un traitement antibiotique local est parfois nécessaire en cas de surinfection par une bactérie.

Si une otite apparaît au cours de la rougeole, le médecin prescrira un traitement dont la nature dépend des résultats de l’examen des tympans et de l’âge de l’enfant.

Si une pneumopathie grave ou des symptômes neurologiques viennent compliquer la rougeole, un traitement spécifique est mis en route et une hospitalisation est parfois nécessaire.

ROUGEOLE : UNE DÉCLARATION OBLIGATOIRE AUX AUTORITÉS SANITAIRES

La rougeole est une maladie très contagieuse : le médecin doit obligatoirement la signaler aux autorités sanitaires. Ce signalement permettra de prendre des mesures pour protéger l’entourage de la personne malade.

Des mesures d’hygiène:

Voici les mesures à adopter pour limiter la propagation de la rougeole :

  • Lavez-vous les mains à l’eau et au savon, avant et après chaque contact avec votre enfant ou votre adolescent atteint de rougeole.
  • Apprenez à votre enfant à se laver correctement et fréquemment les mains.
  • Lavez le nez de votre enfant avec du sérum physiologique.
  • Apprenez à votre enfant ou votre adolescent à se couvrir la bouche et le nez avec un mouchoir jetable, lorsqu’il éternue ou tousse. S’il n’a pas de mouchoir, apprenez-lui à se couvrir la bouche et le nez avec sa manche (au niveau du pli du coude).
  • Si vous avez la rougeole, portez un masque pour limiter la propagation du virus.
  • Pour se moucher, il faut utiliser des mouchoirs en papier à usage unique à jeter dans une poubelle munie d’un couvercle.
  • Nettoyez les objets (jouets, téléphone, clavier d’ordinateur, etc.) utilisés par le malade.
  • Évitez d’embrasser votre enfant et dissuadez-en ses frères et ses sœurs, même non malades.
  • Ne partagez pas ses objets de la vie quotidienne avec ses proches : verres, couverts…
  • Rangez sa brosse à dents après usage et veillez à ce que personne ne l’utilise.
  • Aérez votre maison au minimum une fois par jour et maintenez la température à 19 °C.
  • Retirez votre enfant malade (ou votre adolescent) de l’école, du lycée ou de la collectivité dans laquelle il va pendant le temps de contagiosité (au moins 5 jours après le début de l’éruption de rougeole).
  • Prévenez votre entourage familial, social et professionnel afin que chacun puisse vérifier s’il est correctement vacciné contre la rougeole.

Source: Ameli

La Haute Autorité de santé donne un avis favorable à l’inscription du test d’amplification des acides nucléiques pour le diagnostic biologique de la rougeole

La Haute Autorité de santé donne un avis favorable à l’inscription du test d’amplification des acides nucléiques pour le diagnostic biologique de la rougeole, sur la liste des actes et prestations mentionnée à l’article L. 162-1-7 du code de la sécurité sociale (service attendu suffisant et amélioration du service attendu de niveau IV), dans les indications et avec les précisions suivantes :

  • patient présentant des signes cliniques de rougeole :

-hors foyer épidémique actif

-en phase précoce de rougeole, idéalement dans les premiers jours de la phase éruptive (au-delà de ces premiers jours, la RT-PCR perd de son intérêt et l’examen à effectuer est la recherche des anticorps sériques) ;

  • patient ayant préalablement été immunisé (naturellement ou par vaccination avec une ou deux doses), immunodéprimé ou non, et présentant des signes cliniques de rougeole

-hors foyer épidémique actif,
-en phase précoce de rougeole, idéalement dans les premiers jours de la phase éruptive (sauf pour les patients immunodéprimés chez lesquels la fenêtre de détection est plus longue),
-en complément de la recherche des anticorps sériques ;

  • personne récemment vaccinée (7-14 jours) développant une éruption de type rougeoleuse :

-avec une notion de contage ou de circulation du virus,
-sans recherche concomitante d’anticorps sériques,
-préférentiellement par une RT-PCR identifiant uniquement le génotype A vaccinal, à défaut par une RTPCR suivie d’un génotypage (approche plus longue).

Dans ces trois situations :

  • le prélèvement à privilégier est un prélèvement oropharyngé par écouvillonnage ;
  • chaque prélèvement doit obligatoirement être accompagné de renseignements cliniques (voir fiche de renseignements du Centre national de référence), notamment :
    − date et lieu présumés du contage,
    − date de début de la phase éruptive,
    − statut vaccinal (date et nombre de doses),
    − nature précise du prélèvement,
    − existence d’une immunosuppression et précisions sur sa nature et son importance,
  •  l’examen utilisé doit être en mesure de détecter les génotypes en circulation ;
  • compte tenu de la forte contagiosité de ce virus, le résultat doit pouvoir être transmis très rapidement, idéalement dans les 24h, au maximum dans les 48h ;
  • en cas de résultat positif, le résultat et les renseignements cliniques doivent être transmis au Centre national de référence pour que celui-ci remplisse ses missions de surveillance.

Source: Biologie-elearning

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