Accidents domestiques

La personne âgée et la prévention des accidents domestiques

La prévention des accidents domestiques chez la personne âgée
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Une personne âgée sur trois (de 65 ans et plus, vivant à domicile) chute dans l’année. Cet événement fréquent est aussi la première cause de mortalité par traumatisme. Pourtant, la recherche scientifique dans ce domaine a montré que la chute est un événement
évitable.

La personne âgée a naturellement une santé plus fragile, qui la rend plus vulnérable aux accidents de la vie quotidienne. Face à la mortalité élevée découlant de ces accidents, les pouvoirs publics se sont récemment attachés à améliorer l’information et la prévention des risques touchant la population âgée.

Statistiques d’accidents de la vie courante chez la personne âgée

Chaque année, près de 20 000 personnes décèdent à la suite d’un accident de la vie quotidienne (source : Institut de veille sanitaire).
Environ la moitié sont des seniors de plus de 65 ans, qui dans 60 % des cas meurent des conséquences d’une chute. Une autre cause régulière de décès dans la population âgée est l’intoxication au monoxyde de carbone.

La chute, ennemi n° 1 des personnes âgées

70 % des chutes mortelles surviennent au domicile même des personnes âgées, et 15 % sur la voie publique.
Elles peuvent être dues :

  • à un état de fatigue, d’inattention et de faiblesse lié à l’âge ;
  • à une pathologie spécifique ;
  • à la prise de médicaments ;
  • à un défaut d’aménagement du logement.

Si la chute n’est heureusement pas toujours suivie d’un décès, la fracture du col du fémur (la plus fréquente, en cas de chute d’une personne âgée) a des conséquences sérieuses. Non seulement la personne peut perdre irrémédiablement son autonomie, mais de plus l’impact psychologique n’est pas négligeable : peur de sortir seul, état d’angoisse… D’où la grande importance des mesures visant à limiter les risques.

Chute de la personne âgée : causes, conséquences et prévention:

Les chutes de personnes âgées, à domicile ou au sein d’établissements spécialisés, sont fréquentes et ont malheureusement de nombreuses répercussions sur l’autonomie des aînés. 3ème cause d’admission en médecine aiguë et première cause d’accidents mortels chez les seniors, la chute est un véritable fléau découlant de différents facteurs personnels, comportementaux ou environnementaux.

Chutes des personnes âgées : quelques repères

  • Chaque année, 2 millions de personnes âgées chutent, parmi elle, 12 000 décèdent.
  • 1 chute sur 2 a lieu à domicile lors d’activités quotidiennes.
  • Les victimes de chutes à l’extérieur ont tendance à être des hommes et d’un âge plus jeune que les victimes de chutes intérieures.
  • 40% des personnes hospitalisées après une chute ne peuvent plus retourner vivre chez elles.
  • Le coût des chutes des personnes âgées est estimé à 2 milliards d’euros pour les collectivités.

Les facteurs favorisant le risque de chute 

Les chutes chez les personnes âgées peuvent être favorisées par plusieurs facteurs :

Les facteurs personnels

  • L’âge : le risque de chutes augmente avec l’âge. Les accidents chez les personnes âgées
  • Les troubles moteurs : les troubles de la marche et de l’équilibre sont fréquents avec l’avancée en âge. Causés en partie par la fonte musculaire, ces troubles entraînent souvent des chutes chez les personnes âgées. Il est recommandé de s’équiper d’une aide à la marche, à l’instar d’une canne ou d’un déambulateur.
  • Les capacités sensorielles altérées par le vieillissement : diminution de la vision (cataracte, presbytie, dégénérescence maculaire liée à l’âge, baisse de l’acuité visuelle),  troubles de l’audition (champ visuel réduit), troubles cognitifs.
  • L’hypotension orthostatique : baisse de la pression artérielle lorsque la personne change de position trop rapidement.
  • Les médicaments susceptibles de diminuer la vigilance, la qualité de la vision… La prise simultanée de plus de 3 ou 4 médicaments issus de 3 classes (cardio-vasculaire, psychotropes, analgésiques) augmente aussi le risque de chute.

Les facteurs comportementaux et environnementaux

Les chutes peuvent également être favorisées par des activités quotidiennes à risques : activités ménagères intensives, jardinage… En outre, l’habitat lui-même, s’il n’est pas adapté aux besoins de son occupant, peut être à l’origine de nombreux accidents.

Il peut être nécessaire d’adapter son logement à son degré de perte d’autonomie pour limiter les risques et favoriser un maintien dans son habitat en bonne santé et en toute sécurité : éliminer les tapis et autres revêtements de sol glissants, installer des barres de soutien, veiller à la qualité de l’éclairage, supprimer les obstacles au sol ou les fils électriques qui traînent…

Conséquences des chutes chez les personnes âgées

Les conséquences des chutes sont nombreuses et de plusieurs ordres :

  • Chute de la personne âgée - Prévenir les chutes - Chute des seniorsConséquences traumatiques : fractures, plaies, contusions, hématomes…
  • Conséquences psychologiques : peur de rechuter (syndrome post-chute) qui entraîne à la fois une désadaptation posturale et une réduction des activités ;
  • Conséquences sociales : réduction des activités qui se traduit par un repli sur soi et donc un renoncement progressif à sa vie sociale

Comment prévenir concrètement les chutes ?

Les chutes surviennent fréquemment dans des lieux « à risques » (comme la cuisine ou la salle de bain), dans les couloirs, les escaliers ou encore dans le jardin.

La prévention est le seul moyen d’éviter une chute. Outre les dispositifs classiques d’aménagement du logement, soigner sa santé, son alimentation ou encore pratiquer une activité physique régulière sont recommandés.

Aménager son habitat pour limiter les risques

Certains aménagements du logement sont nécessaires :

  • Ne pas laisser d’objets au sol, surtout dans les lieux de passage (couloir, entrée d’une pièce, escalier) ;
  • Fixer les fils du téléphone, des luminaires, de la télévision, de l’ordinateur pour ne pas se prendre les pieds dedans ;
  • Faire en sorte que l’éclairage soit suffisamment fort pour qu’il n’existe pas de zones d’ombre sur les trajets ;
  • Ne pas se précipiter si le téléphone, la sonnette, l’interphone ou des coups à la porte se font entendre ;
  • Stabiliser les appuis (dans la chambre, la salle de bain), présence de barres d’aides, et l’accès aux moyens d’appel; équiper les escaliers d’une rampe ;
  • Prendre garde aux sols glissants, aux bords de tapis et aux animaux domestiques, qui ont parfois tendance à se mettre dans vos jambes au risque de vous faire chuter ;
  • Prévoir des douches adaptées et sécurisées ;
  • Porter de préférence des chaussures équipées de semelles antidérapantes.

Adopter une alimentation saine et équilibrée

Beaucoup de personnes âgées ne se nourrissent pas suffisamment et cette nutrition carencée augmente la sensation de faiblesse, les vertiges et donc le risque de chute chez les personnes âgées.

L’alimentation est la base d’une bonne hygiène de vie. Si cette dernière est adaptée, elle peut concourir à limiter le risque de chutes.

On veillera donc à boire régulièrement et à maintenir des apports alimentaires suffisants : 1 800 kcal pour une femme et 2 000 kcal pour un homme.

Par ailleurs, l’alcool doit être consommé de manière très modérée. Son absorption altère les facultés sensorielles et motrices et est susceptible de favoriser les chutes chez les personnes âgées.

Maintenir une activité physique

La pratique d’un sport ou d’une activité physique adaptée et régulière, comme la marche ou la gymnastique douce, contribue à préserver les réflexes et la masse musculaire, et donc, à réduire le risque de chute chez les personnes âgées.

Il est recommandé de faire au moins 30 minutes d’exercicesd’intensité moyenne par jour (marche, natation, randonnée, vélo, étirements, monter l’escalier…).

Se relever après une chute

Apprendre à se relever après une chute est essentiel. N’hésitez pas à vous entraîner, de préférence en présence d’une autre personne en suivant ces étapes :

  1. Pliez une jambe pour rouler sur le côté
  2. Retournez-vous sur le ventre
  3. Mettez-vous en position de « chevalier » : un genou à terre, l’autre jambe tendue
  4. Puis à 4 pattes
  5. Hissez-vous en vous tenant à une chaise ou à une rampe

Enfin, il peut être judicieux d’opter pour une solution de téléassistance, permettant d’alerter les secours ou les aidants en cas de besoin.

 

Les intoxications au monoxyde de carbone (Co), un accident évitable

L’INPES estime que chaque année 5 000 personnes subissent une intoxication au Co, dont une centaine décède. Les raisons les plus courantes d’intoxication proviennent d’un mauvais entretien du système de chauffage et de l’absence d’aération dans les pièces.
Le système respiratoire des personnes âgées étant moins efficace, celles-ci sont affectées plus rapidement par les intoxications au Co. Et bien que l’issue soit rarement fatale, l’hospitalisation fragilise souvent de manière durable les seniors concernés.

La réponse publique : sensibilisation et prévention

La très grande majorité des accidents des seniors intervient directement sur leur lieu de vie.
Pour réduire le nombre de victimes des accidents domestiques, le gouvernement a mis en place en 2010 un vaste programme de prévention. L’un des outils développés au sein du plan Wauquiez-Novelli est la grille de repérage de ces risques d’accidents domestiques.

Elle identifie les risques d’accident pour les personnes âgées dans chaque espace du domicile : entrée, salon/salle à manger, cuisine, couloirs, chambre, toilettes.

Comment sécuriser une maison pour limiter les risques d’accidents domestiques ?

Il s’agit parfois de simples mesures de bon sens :

  • éviter les obstacles au sol (même si c’est juste un tapis) ;
  • placer des revêtements antidérapants dans la cuisine et la salle de bains, où les chutes par glissage sont plus fréquentes ;
  • éclairer correctement le logement ;
  • faire installer (et faire utiliser) une rampe dans les escaliers (y compris ceux de quelques marches).

Dans certains cas, des mesures d’adaptation plus lourdes sont impératives. L’Agence nationale des services à la personne a ainsi développé un programme de mise en sécurité du domicile des personnes âgées, en partenariat avec la Fédération PACT, qui établit le diagnostic. Ces aménagements peuvent permettre à une personne qui souffre une perte d’autonomie de se maintenir à domicile.

En ce qui concerne les intoxications au monoxyde de carbone (Co), le premier réflexe permettant de réduire les risques est d’aérer le logement. Par ailleurs, un professionnel doit régulièrement contrôler les appareils de chauffage et les conduits d’évacuation. Enfin, il convient de s’assurer que l’appareil, qu’il s’agisse d’une chaudière, d’une cuisinière, ou d’un chauffage d’appoint, est correctement utilisé. Un détecteur de Co permet également d’alerter lorsque le taux devient anormal.

Les outils d’informations sur les accidents des personnes âgées

Outre la grille de repérage, vous pouvez consulter les sites www.stopauxaccidentsquotidiens.fr et www.prevention-maison.fr. Vous y trouverez de nombreux conseils et recommandations, ainsi que des outils pédagogiques et interactifs.

 

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